itw projet réussi : Sophie Picavet / projet Haïti : après le chaos, la reconstruction
Hello Sophie Picavet !
Votre collecte a été un succès en un temps record de 12 jours !
Bienvenue au Club des Projets réussis !
Pouvez-vous expliquer au futurs créateurs de projets comment vous avez choisi de présenter votre projet et pourquoi ?
Nous sommes une association de soutien à des artistes sinistrés du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, travaillant dans une ville au sud de Port-au-Prince, Jacmel. Nous souhaitions financer en urgence des billets d’avion pour faire venir trois artistes peintres de Jacmel en France quelques jours. Une exposition collective de leurs oeuvres réalisées par 14 de ces artistes sur le thème du séisme leur était en effet consacrée à Paris. Il n’était pas possible d’obtenir des subventions publiques pour permettre à trois d’entre eux d’assister à leur exposition et de témoigner ainsi de leur apport à la reconstruction. Finalement nous avons entendu parler de votre plate-forme de donation privée sur internet et avons décidé de nous lancer, sans trop y croire au début. Les animateurs de kisskissbankbank ont été très réactifs et efficaces. Nous avons créé et édité sur le site de kisskissbankbank un projet en à peine une heure dès le lendemain de notre premier rendez-vous.
Pour quel résultat ?
En dix jours nous sommes parvenus à réunir les 2400 euros nécessaires au financement des billets d’avion. Nos réseaux d’amis et de collègues ont répondu présents à la collecte. Kisskissbankbank a aussi contribué en sollicitant avec succès plusieurs kissbankers pour compléter la collecte.
Avez-vous des anecdotes à nous rapporter ?
Le projet a été parsemé de nombreuses embûches. Alors que nous avions réussi à collecter les financements et que nous avions acheté les billets d’avion, nous n’attendions plus que le jour J du départ des artistes pour Paris, prévu le 8 décembre. Malheureusement, le 8 décembre, des émeutes violentes éclatent en Haïti en protestation contre les résultats du premier tour des élections présidentielles. L’aéroport de port-au-Prince est fermé et tous les vols annulés. Finalement, le calme rétabli, l’aéroport commence à fonctionner quelques jours plus tard et un avion d’Air Caraïbes est affrété pour Paris le 14 décembre. Or le 15 décembre était le jour d’expiration du visa octroyé aux artistes pour la France. L’ambassade de France en Haïti a été contactée par téléphone et les services consulaires ont accepté d’octroyer un nouveau visa en urgence aux artistes afin de leur permettre d’embarquer dans l’avion. J’adresse à cet égard ma plus sincère gratitude à la fois à l’ambassade de France en Haïti et à Anne Lescot, cinéaste ethnologue animatrice du Réseau Culture Haïti, qui nous a grandement appuyé dans nos démarches.
Quelles ont été vos premières actions pour relayer cette collecte de fonds ?
Nous avons sollicité, mes camarades et moi, immédiatement l’ensemble de nos amis et collègues en leur envoyant par mail un lien vers notre projet sur votre site et en diffusant l’information aussi sur les réseaux sociaux (facebook). L’opération a été répétée tous les jours en essayant de mettre un peu de pression chaque jour un peu plus sur nos donateurs potentiels. Il a aussi été demandé aux personnes les plus proches de solliciter leur propres réseaux. Afin de convaincre, il était aussi nécessaire d’établir un contact physique avec les donateurs par téléphone ou en les rencontrant directement.
Quelles ont été les plus efficaces ?
Des amis sensibles à notre engagement pour Haïti ont donné sans hésiter. D’autres moins proches ont aussi voulu contribué parce que le projet leur semblait porteur. Certaines personnes, réticentes à envoyer de l’argent via internet, ont proposé de faire un chèque et nous avons cotisé en leur nom sur kisskissbankbank.
Quelle expérience tirez-vous de tout cela ?
Une expérience intéressante de solidarité privée et de mobilisation rapide autour d’un projet avec un mode opératoire inédit. La satisfaction aussi d’avoir réussi à convaincre.
Quelle est la prochaine étape pour votre projet ?
Vendre toutes les toiles afin que tous les artistes en profitent. L’exposition se prolonge au 177 rue de Charonne dans les locaux d’une association, l’AGECA à partir du 7 janvier. Tous les kissbankers sont invités pour une soirée spéciale commémorative le 11 janvier 2010.
Quelles seraient à vos yeux les meilleurs récompenses pour ce projet ?
Parvenir à mobiliser davantage l’attention sur la situation des artistes de Jacmel en Haïti.
Quels conseils pourriez-vous donner aux autres projets pour qu’ils réussissent à leur tour leur collecte ?
Définir un projet avec du sens. Être réaliste sur les besoins et le montant à collecter. Consacrer du temps à convaincre ses réseaux et planifier le plus en avance possible le projet.
Quand commencerez-vous à distribuer les bonus aux kissbankers ?
Tous les donateurs étaient invités au vernissage mais tous malheureusement ne sont pas venus. Les conditions climatiques ne nous ont pas non plus aidé. Certains bonus ont déjà été distribués lors du vernissage. Pour les donateurs que nous ne connaissons pas directement, nous pouvons acheminer dans les locaux de kisskissbankbank les bonus et demander aux donateurs d’aller les chercher chez vous. Les donateurs que nous connaissons directement demeurant en province ou à l’étranger se verront remettre en main propre leur bonus lors d’une rencontre prochaine.
Avez-vous un message à transmettre aux kissbankers ?
oui une invitation à continuer l’effort de solidarité en achetant les toiles des artistes ou en nous aidant à trouver des acquéreurs. Un catalogue sera envoyé.
Par l’intermédiaire de Jean Karinthi, directeur de la maison des associations à Paris.